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Face à la crise sanitaire, les possibilités de monter sur scène, transmettre et d’accompagner sont compromises.

Afin de maintenir le goût de créer, nous déployons notre imagination en nous adaptant aux contraintes actuelles.

Il s’agit de partager et de garder l’énergie créative, de sublimer notre art sous de nouvelles formes.

Parce que danser est notre façon d’exister, nous continuons à distiller de la poésie dans chacun de nos mouvements malgré les aléas.

 

 

Thèmes sensibles, thèmes sublimes

Le mouvement est langage

 

Jessica Noita explore les différentes composantes des relations humaines et développe à partir de ses observations des thèmes qui la touchent.

Influencée par son cursus universitaire en psychologie, il est primordial pour elle de comprendre ce qui constitue notre individualité mais également ce qui nous rassemble.

 

L'axe majeur de la chorégraphe consiste à mettre en corps les maux que nous n'osons verbaliser car le geste nous permet d' exprimer des émotions enfouies bien plus viscérales que le verbe qui lui peut brider.

 

S'il y a souvent une réserve à l'énonciation de thèmes sensibles dès lors que cela doit être traduit par le mot, au travers du corps, l'expression peut devenir organique, puissante, communicative et universelle.

 

 

Corps unique, corps multiples

 

Rencontre, différence, surprise, transformation, tels sont les leitmotiv de la démarche de Jessica Noita.

 

La chorégraphe défend le caractère performatif de la danse hip-hop mais sa démarche au delà de la technique et de l'esthétique, réside dans le désir de continuer à approfondir le travail auprès de tous afin d'extraire l'originalité de chaque gestuelle.

 

Allant à la rencontre de publics variés, elle suit un groupe de danseurs en fauteuil roulant depuis 2012. En est né le duo « Entre parenthèse » entre un d'entre eux et la chorégraphe.

 

Cela l'a amenée, tout en restant dans une vibration hip-hop, à décupler ses champs de possibilité afin d'accompagner chaque participant avec ses particularités. Puiser dans la puissance créative de chacun et laisser émerger le geste authentique.

 

De la rue à la scène, en passant par les lieux de soins, Jessica Noita prône une danse plurielle qui se décline à l'infini.

 

 

L'improvisation, à la recherche du geste authentique

 

L’improvisation, jeu auquel la chorégraphe se prête et dans lequel elle encourage les danseurs, qu'ils soient professionnels ou amateurs, est la colonne vertébrale de son travail d'exploration.

Il s’agit d’un espace d’accueil nécessaire car si à un moment dans le geste, nous pouvons toucher une part de vérité, c’est à cet instant précis du présent. L’émotion se vit dans l’instant, invite à la surprise et à la redécouverte perpétuelle de soi.

Dans ce laisser advenir et non contrôle, le danseur parvient à saisir ce qu'il y a de plus instinctif et profond en soi.

 

 

 

Analyser, comprendre, transformer, sublimer

 

« De nature assez pudique concernant le domaine des émotions, dans mon travail de création,  je désire mettre en scène sans tabou, tout ce que je n’ose dire avec les mots, tout ce que nous n’osons dire de nos maux au travers de gestes qui ne mentent pas.

 

Il s'agit de questionner notre rapport au monde afin de s'ouvrir à l'infini richesse de l'individu ; le découvrir et aller à sa rencontre pour ce qu'il est, ce qui nous émeut en lui.

 

Dans ma première pièce, "Cabine d'essayage", je vais « à ma propre rencontre » afin de saisir la complexité de mon être, le comprendre et le traduire en mouvement.

Je désirerais également mettre en lumière ce rapport à l'image de soi et de ce que l'individu tente de montrer de lui afin de présenter un être social proche de l'idéal de soi parfois éloigné de l'être authentique.

 

Dans « Entre parenthèse », j'interroge la différence et la singularité.

Explorer avec un danseur en fauteuil n'était pas un domaine que je connaissais.

Mais la force et l'enthousiasme de mon binôme ont rendu évidente notre collaboration.

Il m'a donné sa force mentale, je lui ai offert ma force physique afin que nous puissions fusionner et ne faire qu'Un.

Il y avait en filigrane le désir de mettre en avant un artiste empêché, de sensibiliser au handicap et notre perception de l'esthétique. »

 

 

« TRÔNE » traite de la relation à l'autre.

La complexité de l'individu le noie dans ses propres contradictions.

Il oscille entre dépendance et rejet de son semblable pour ce qu'il a de similaire et paradoxalement de différent.

Le propos aborde aussi le sujet de la possession.

Du désir d'Avoir par peur du « rien » plus que par nécessité. »

 

 

Le Groove, l'essence de la danse hip-hop

 

Jessica Noita ne peut définir la danse hip-hop sans le groove.

Bien que cet aspect ne soit pas uniquement propre à cette culture, il est central pour la chorégraphe.

Le groove n'est pas un concept qui s'explique mais un état qui se ressent.

Il permet de jouer avec le rythme, de créer des subtilités en résonance avec sa musicalité intérieure.

Le danseur donne du relief au mouvement en créant des variations, des contre-temps, il sort à sa guise du tempo pour y revenir...

Ces combinaisons ont un effet souvent grisant, communicatif et donnent la sensation de toucher à quelque chose de l'ordre du magique, de connexion divine.

 

Ce rapport au rythme et au groove sera développé dans un projet futur, « l'Insolence du bassin »,

une pièce pour cinq danseurs.

Nous reprenons doucement le chemin de la création.

La compagnie Jessica Noita reprend les répétitions pour sa seconde pièce chorégraphique « TRÔNE » dès octobre 2020.

En parallèle, la pièce « Désobéir » pour laquelle Jessica Noita est chorégraphe, au sein de la Cie Les Cambrioleurs/ Julie Bérès repart en tournée au mois de septembre 2020.